Samedi 26 Juin

Grande salle – 14h15

Un Flamenco Otro

Un film d’Elena Alfonso et Salud Lopez, Espagne, 2021, 60’00’’, (en anglais, français, espagnol, arabe dialectal et dans une langue sénégalaise, sous-titré en français).

Un documentaire qui retrace le processus de création du projet, à savoir un spectacle qui réunit le flamenco, le Gharnati arabe, la Reggada et la musique africaine sénégalaise, exprimant leurs origines communes, montrant les relations entretenues au fil du temps et les nouvelles compositions contemporaines. Une réflexion sur la transmission de la culture au-delà des frontières anciennes et actuelles entre le Maroc et l’Algérie. La première édition de Un Flamenco Otro paraît après l’invitation du gouvernement marocain pour inaugurer la troisième édition du Salon du livre de littérature maghrébine, dont le thème est la transmission (présentation de Salud Lopez).

La projection sera suivie d’une conversation avec les deux réalisatrices Salud Lopez et Elena Alfonso, Xavier Vidal et des spécialistes toulousains du Flamenco. Elle portera essentiellement sur les origines du flamenco.

Petite salle – 14h30 et 20h15

Herencias

Un film de Thomas Belet, France, 2020, 42min, (en espagnol de Colombie, sous-titré en français).

La musique palenquera accompagne traditionnellement les rituels funéraires des communautés afro-descendantes, dans le village de San Basilio de Palenque, situé à 70 kilomètres de l’ancien port négrier de Carthagène des Indes en Colombie, jusqu’au jour où les femmes décident d’en jouer également pour les vivants. Les jeunes reprennent ensuite le flambeau en y ajoutant une touche hip-hop. Musical et positif, Herencias présente un peuple revendiquant sa culture ancestrale qui a su la faire évoluer sans en perdre les racines (présentation du producteur).

La projection sera suivie d’une conversation avec Yasmín Sarmiento , directrice artistique de la troupe de danse folklorique de Colombie « Tierra del Sol » et Thomas Belet, régisseur général et programmateur du Festival locombia.

Grande salle – 16h 00
A magical substance flows into me
Un documentaire de Jumana Manna, Allemagne, Palestine, Royaume Uni, 2016, 68mn, (en hébreu, arabe palestinien, anglais, sous-titré en français).

La musique est un fluide magique qui traverse les lieux et les êtres, et en particulier les hommes et les femmes, musiciens, chanteurs, ou interprètes qui en font la trame de leur vie. Jumana Manna explore les territoires et les cultures, en suivant la trace de Robert Lachmann, ethno-musicologue juif allemand émigré en Palestine en 1930 et créateur du département de musique orientale à l’université hébraïque. La réalisatrice va à la rencontre de musiciens kurdes, juifs, marocains, yéménites, bédouins, coptes, samaritains dans ce qui fut la Palestine historique, maintenant morcelée. (présentation de Colette Berthes Ciné-Palestine Toulouse Occitanie)

La projection sera suivie d’une conversation avec Mira Abualzulof, pianiste soliste, professeure de piano et musicienne du groupe Charq Gharb.

Petite salle – 16H15
Musica Sarda
Un film de Bernard Lortat-Jacob et Georges Luneau, réalisation Georges Luneau, 70′ Super 16 mm. Production Arte France, Tara Production/CNRS. Tournage Sardaigne. 1989, (en langue sarde, sous-titré en français).

La Musique sarde est la musique traditionnelle de la Sardaigne. Dans les différentes régions on y trouve des chansons et des musiques de bal et de fêtes de village avec principalement un accordéon diatonique. Le cantu a tenore est une forme de chant polyphonique de grande importance dans la tradition locale en Barbagia, mêlant l’expression artistique d’origine et celle du monde agro-pastoral, qui caractérise fortement l’île. Le cantu a chiterra (le chant à guitare sarde) est un chant monodique dans la partie nord de l’île. On y trouve aussi des musiques religieuses en particulier à Castelsardo à l’occasion de la fête de Pâques. Dans le sud de l’île les formes musicales principales sont la musique du launeddas, clarinette polyphonique à triple tuyaux et à anche simple.

La projection sera suivie d’une conversation avec Bernard Lortat-Jacob et Georges Luneau.

La musique sarde nous fait entrer dans un monde antique (on trouve le launeddas sur des sculptures du troisième millénaire avant J-C ), monde dont des activités se sont conservées tranquillement au milieu des apports et des changements de tous les siècles suivants : étrange de l’entendre dans des villages d’aujourd’hui qui pourraient être les nôtres, mais qui, justement, ne le sont pas . Une permanence qui doit nous interroger sur la spécificité de chaque culture et les rapports différents que chacune entretient avec le temps, la modernité. Qui oserait dire que la musique des launeddas, par exemple, est moins « moderne » que le jazz ? J’ai vu de grands jazzmen, comme de grands musiciens classiques, muets d’admiration. Comme le chant du rossignol, elle n’a besoin de rien de moins ou de plus, d’aucune évolution, adaptation, « modernisation « : elle est et restera, telle quelle, moderne jusqu’à la fin des temps, en ce qu’elle apportera toujours une vision forte, originale et irréductible de ce qu’est l’homme, de ce qu’est la musique, de ce qu’est une société. * CS
* J’ai déjà dit à peu près la même chose pour la musique des bambous percutés et des femmes tapant l’eau du film sur les ‘arè ‘aré que nous repassons vendredi. On pourrait le dire aussi d’autres traditions musicales. Mais pas de toutes (that is A question !) (contribution biaisée à la conversation de vendredi après-midi proposée par Lortat-Jacob : « La musique des braves gens est-elle soluble dans les Festivals » ?

Petite salle – 18H00

OK OC « OSAGES / OCCITANIA »

Un film de Mukaddas Mijit et Claude Sicre à partir d’images d’archives, 2018, USA/France, 60’00’’, (en anglais, sous-titré en français).

Une étonnante histoire évoquée dans l’édito, ces Indiens Osages qui se perdent en France au 19ème siècle et se retrouvent errants et épuisés en Quercy.
L’archevêque de Montauban organise une collecte pour leur payer les billets de retour. Ils se transmettent cette histoire de génération en génération. En 1989 des Montalbanais, qui connaissent aussi cette histoire, contactent la tribu. Des échanges s’ensuivent (voyages dans les deux sens, dons de terres, érections de stèles, fêtes et musiques, etc.) dans le cadre de l’association OK-OC (voir site à ce nom). La vidéo célèbre ces moments (images d’archives télé, INA, prises amateur, archives photos etc.) et présente en interstices quelques images-sons de la musique, des danses et des fêtes osages.

La projection sera suivie d’une conversation avec des intervenants non encore déterminés.

Grande Salle – 20 h 30
Et si Babel n’était qu’un mythe ?
Un film de Sandrine Loncke, 2019, 56 mn, (en français, arabe tchadien, boua, baguirmi, langue secrète d’initiation, et le láàl, sous-titré en français).

Sur les pas d’un jeune chercheur venu documenter un isolat linguistique au Sud du Tchad, le film part à la rencontre des habitants pour interroger leur relation aux langues.
À leur écoute, c’est une humanité profondément multilingue qui se révèle, faite d’une myriade de sociétés qui, chacune, n’a de cesse d’encoder dans sa langue ses savoirs, sa culture, et au-delà, toute une vision du monde. Mais pour combien de temps encore ?
Les chiffres sont sans appel : d’après l’Instance permanente sur les questions autochtones de l’ONU, une langue disparaît toutes les deux semaines de la surface de la terre. S’interrogeant sur les enjeux de leur démarche, la réalisatrice décide de suivre pas à pas le travail colossal du responsable de projet, Florian Lionnet, un jeune linguiste passionné qui s’est donné pour mission d’élaborer, en collaboration avec les villageois, la grammaire, le dictionnaire, et finalement l’écriture du láàl, petite langue exclusivement orale parlée dans deux villages, par 700 personnes. À ses côtés, on découvre à quel point la culture d’une société est encodée dans sa langue. Que cette dernière vienne à disparaître, et ce sont des pans de savoirs qui se voient, à très court terme, menacés…Avec Florian Lionnet, linguiste (Princeton University),Remadji Hoïnathy, anthropologue (Centre de Rechercheen Anthropologie et Sciences Humaines, N’Djamena), Sandrine Loncke, ethnomusicologue-réalisatrice (CREM-LESC & Université Paris 8), et les habitants du village de Gori (Moyen-Chari, sud-Tchad).

La projection sera suivie d’une conversation avec la réalisatrice Sandrine Loncke.