
ALERTE AUX FEMMES !!!!!
Dans ces dernières 26 années passées nous vous avons fait découvrir un bon nombre de chants de femmes qui existent de par le monde. Tous empreints d’un mystère et d’une force exceptionnelles. D’où vient cette force qui nous subjugue, qu’y a-t-il derrière ce mystère qui nous laisse cois ? Nous n’avons pas trouvé de spécialistes pour venir nous l’expliquer, ce sera cette fois au public de nous porter ses lumières.
Nos rencontres 2026 ne sont pas consacrées à ces chants, malgré ce que pourrait laisser imaginer mon titre. Mais il en présente quelques exemples particulièrement… exemplaires. Notamment ceux que l’on trouve à Madagascar, dans les films de Luc Bongrand (regardez Nosy Hira ! ) qui sera là pour nous parler de leur contexte ethnique, linguistique, social, artistique.
Entendu parler de dé-civilisation et d’ensauvagement, ces dernières années, dans un autre domaine il est vrai. Cependant, ici, les rôles sont inversés. C’est notre civilisation à nous qui en prend un coup. Triomphe d’une tradition pluriséculaire, d’un folklore conservé, qui casse de nombreux clichés. Qui nous fait trouver un peu dérisoires ce que les producteurs, en France, appellent chants de femmes. Chansonnettes féminines serait une meilleure appellation. Mais surtout qui nous fait voir/entendre/comprendre ce que nous avons perdu, et ce que nous avons à reconquérir. Je vous avais parlé il y a quelques années, à l’occasion d’un film sur le folklore andalou, du regard amoureux et fier que portait ce gitan sur sa femme qui chantait merveilleusement à côté de lui. Il y a de ça, et autre chose, chez les hommes malgaches devant leurs femmes. Hommes qui eux aussi, dans leurs pratiques musicales, nous apprennent à écouter la musique populaire d’une autre façon. Grandes et belles découvertes chaque fois. Dans une moindre mesure (parce que c’est dans une fiction), les femmes du Nordeste brésilien, dans Antonio das Mortes, grand film du dimanche, nous donnent une leçon de folklore. Et tout le film avec elles. Cet Antonio das Mortes qui, au-delà de la leçon qu’il nous donnera lui aussi sur le folklore, nous donnera l’occasion de converser voire discuter dur du phénomène Lampião , ce prétendu bandit assassin violeur voleur etc., que le peuple nordestin continue, presque un siècle après sa mort, à chanter comme un Robin des Bois. Contradiction dont on verra dans cette conversation qu’elle n’a rien de contradictoire.
Après la Malgachie, pour l’éloge de laquelle Luc Bongrand sera omniprésent avec Nosy Hira ! (que nous passerons deux fois, la première le samedi avec Remanindry puis le dimanche tout seul, en laissant une longue plage de conversation au public fan, je l’espère beaucoup de femmes aimant chanter), le Nordeste brésilien sera à l’honneur, au-delà d’Antonio das Mortes , non seulement avec le film de Bruno Rafael, Il était une fois… en Cordel , mais aussi avec l’exposé de Sophie Foray après le film et son atelier du dimanche après-midi dans la cour (poésie et musique accompagnées d’une expo), tout cela organisé en partenariat avec le Festival Occitania de l’Institut d’Estudis Occitans de la Haute-Garonne.
Il y aura bien d’autres choses dans cette édition 2026 : la présentation de la musique du gamelan indonésien, en présence du grand musicologue M. Tissier, cette extraordinaire musique demandant une approche approfondie1, la présentation du travail de Dastum (patrimoine breton), le blues du yiddishland, le rebetiko grec (toujours avec Luc Bongrand), sans oublier le blues du Mississippi, pour la séance lycéenne de Sounder co-organisée avec les professeurs et les élèves d’occitan du Lycée Saint-Sernin si proche (film en anglais sous-titré en occitan par l’équipe de Marie-Pierre Vernhières et en français par Yves Bigot, longtemps directeur de TV5MONDE et grand spécialiste de la musique populaire nord-américaine).
Encore une année de grandes découvertes, celles de trésors immatériels qui n’en finissent pas de changer notre regard sur les mondes et d’inspirer, le plus souvent sans qu’on le sache, beaucoup de créations contemporaines.
Merci à nos financeurs, toujours présents, à notre public fidèle (bienvenue aux nouveaux !), à tous nos ajudants (ceux et celles qui nous aident) avec une insistance espéciale cette année pour la patience du personnel de la Cinémathèque face à nos errements, dus à de graves problèmes matériels et techniques.
Claude Sicre,
direction artistique et programmation.
1 musique qui accompagne mon récit La plus jolie jeune fille que j’aie jamais rencontrée dans mon tout neuf album Ingénieur en folklore depuis 1978.

Comité de programmation
Claude Sicre
Xavier Vidal – musicien, enseignant en musicologie
Pascal Caumont – musicien, collecteur, compositeur, professeur au Conservatoire occitan de Toulouse
Hervé Bordier
Brice Tissier – musicien, docteur en musicologie de l’Université Paris-Sorbonne
Patrick Sicre – musicien, formateur en psychologie
Animations
François Bacabe
Livret
Patrick Sicre, Claude Sicre, Karine Ricalens (samu mise en page)
Regie technique :
Baptiste Guillard
Administration
Myriam Mazouzi, Gilles Jumaire, Martine Hébrard
Remerciements à :
À nos stagiaires et bénévoles : Margotte de Oliveira, Cyprien Ligou, Sara Clavijo Burgaentzle, Gilles Vacher, Aurélie Neuville, Maïdou Sicre, Nicole Sibille, Romain Brunel, François Bacabe et Maxime Juniet.
À l’IEO 31 et au Lycée Saint-Sernin



